
Deux soirs chez eux, puis Londres : le disco napolitain boucle sa tournée
Vingt et une dates dans onze pays, un groupe live et des langues du napolitain à l'arabe. Le duo qui a ressuscité le disco des années 70 n'a pas choisi sa ville natale pour le final.
Nu Genea Live Band à Rock en Seine, Paris
Le duo napolitain Nu Genea achève sa tournée européenne de soutien à son troisième album People of the Moon : samedi 19 septembre, le groupe live jouera au Roundhouse de Londres. C'est l'unique date britannique de la tournée et sa dernière étape.
Le concert figure à l'affiche du Roundhouse lui-même.
Le final à domicile a déjà eu lieu : les 11 et 12 septembre, le duo a joué deux soirs à l'Arena Flegrea de Naples. Mais le véritable point final d'un itinéraire entamé en mai à Milan sera posé à l'étranger.
L'album et la tournée
People of the Moon est sorti le 1er mai sur NG Records, le label du duo : dix titres, avec parmi les invités l'Espagnole María José Llergo, le Britannique Tom Misch, Fabiana Martone, Celinatique et Gabriel Prado. On y chante en napolitain, en arabe, en anglais, en espagnol et en portugais ; dans le son, des rythmes afro-cubains et anatoliens, du highlife et de la bossa nova.
La tournée s'est étalée sur vingt et une dates dans onze pays, de l'Albanie et la Serbie à la Suède et la Finlande, et partout le duo se produit avec une formation live élargie. Dès le mois de mai, Massimo Di Lena promettait d'inviter au concert londonien Tom Misch, avec qui ils ont enregistré le titre Onenon.
« C'était comme ça au New Morning, à Paris : dans la loge, j'ai vu les affiches de Miles Davis et de Chick Corea. Sueur froide : “Et quelle note je joue, maintenant ?”, me suis-je dit », a raconté Lucio Aquilina au magazine L'Espresso, interrogé sur le final dans une salle où se sont produits Led Zeppelin et David Bowie.
Le titre du disque ne parle pas d'espace. Selon Aquilina, la Lune est ici une réalité terrestre, un espace sans pression sociale ni conventions ; Di Lena ajoute que les « gens de la Lune » sont cette part de nous que l'on ne parvient à laisser sortir que quelques instants dans une vie.
L'album a été écrit à distance : Aquilina a quitté Naples pour Ortygie, à Syracuse. Quant à Tom Misch, c'est lui qui a écrit au duo après avoir vu leur vidéo avec une ligne de basse dans l'esprit de Pino D'Angiò, et ils se sont envolés pour Londres enregistrer Onenon. Le final londonien a donc aussi sa préhistoire.
« En Europe du Nord, ils sont fous, ils dansent comme des déchaînés. Quand il s'agit de musique, le stéréotype de la froideur n'existe pas », a déclaré Massimo Di Lena dans un entretien à Rolling Stone Italia.
Qui sont Nu Genea
Nu Genea, ce sont Massimo Di Lena et Lucio Aquilina, deux claviéristes et producteurs de Naples. Partis de la techno et du minimal, ils ont déménagé à Berlin et s'y sont réinventés : le projet, fondé en 2014 sous le nom de Nu Guinea, a changé de nom en 2021. L'album Nuova Napoli (2018) a été une archéologie du funk et du disco napolitains des années 70, Bar Mediterraneo (2022) un voyage à travers la Méditerranée.
Le Roundhouse les qualifie d'« innovateurs italiens du groove » et promet « un show qui explose de couleur, de rythme et de fête partagée ». Pour un duo qui, sur son nouveau disque, a délibérément franchi « les colonnes d'Hercule », un final loin de chez soi ressemble moins à un hasard qu'à une logique.
Nous avons déjà raconté comment Grace Jones est montée sur la terrasse d'Amnesia pour Glitterbox : une autre histoire d'un disco qui ne vieillit pas.









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