
Deux scènes, vingt-cinq DJ et pas un seul billet : à Wrocław, on joue trois jours d’affilée pour ce qui ne se voit sur personne
L’entrée est libre, et pourtant on y récolte de l’argent — reversé jusqu’au dernier zloty à une seule fondation. Aujourd’hui, troisième et dernier jour.
Le géant de bois, signe reconnaissable de la HUTA de Wrocław
À la HUTA de Wrocław, « Gramy dla Głowy » se tient depuis vendredi : trois jours et deux nuits de musique électronique sur deux scènes, où l’on entre sans billet. Aujourd’hui, dernière journée, avec un point final à minuit pile.
L’initiative a été présentée par Muno, l’un de ses co-organisateurs.
Autour de l’opération se sont retrouvés ceux qui, d’ordinaire, se disputent le même public : quatre médias et collectifs polonais de la scène électronique — Muno, 4Clubbers, Shining Beats et Rave Girls Poland — se sont associés au lieu lui-même. L’organisateur officiel est l’Ośrodek Kultury i Sztuki we Wrocławiu, le centre de la culture et des arts de la ville ; le projet est cofinancé par le budget de la voïvodie de Basse-Silésie.
Une fondation dont le nom dit déjà tout
La partenaire de l’opération est la fondation Nie Widać Po Mnie, et le nom n’a rien d’un hasard : il signifie « ça ne se voit pas sur moi ». Elle travaille sur la santé mentale des jeunes Polonaises et Polonais, et c’est à elle que revient la totalité de la collecte.
Les fonds sont destinés au soutien et au travail de psychoéducation auprès des enfants et des adolescents : les aider à démêler leurs propres émotions et leur montrer que le difficile peut se dire. La collecte passe par deux canaux — une cagnotte en ligne sur siepomaga.pl et des « briques » vendues au stand de la fondation, sur place.
« L’entrée est libre : tu mets ce que tu veux et ce que tu peux. La totalité des recettes de l’opération sera reversée à la fondation Nie Widać Po Mnie », ont écrit les Rave Girls Poland.
Sur trois jours, l’affiche aligne vingt-cinq noms sur deux scènes. La POLANKA, en plein air, tourne à la lumière du jour ; la partie nocturne, elle, déménage dans la Hala Filtry : vendredi, 1001010010 et Hekato y ont joué, avant que dlaczego.tak et MORDEAUX ne referment la nuit sur un set de trois heures, jusqu’à cinq heures du matin.
Samedi a été la journée la plus dense : Bit Much — c’est-à-dire I hug speakers et Jules en back to back — a ouvert la soirée, MIHVU et daisy cutter ont enchaîné deux heures et demie, et après minuit les platines sont passées à Ravetoszyn, Pan JJ, CHLOPISKO et Orlewicz.
Ce qu’il reste pour aujourd’hui
Dimanche commence plus tôt que les jours précédents — à trois heures de l’après-midi. Suivent Maro, Myzra, tokami, Michał Macewicz et Hedonist, et le set de clôture de tout le week-end revient à kEczuP : de onze heures à minuit, pile.
La HUTA elle-même est une ancienne friche industrielle de la rue Grabiszyńska que Wrocław a transformée en lieu culturel ; on la reconnaît à son géant de bois fait de chutes de chantier, assis au-dessus de l’entrée. Cette saison, la Hala Filtry y a été couverte pour la première fois — c’est la seule raison pour laquelle la partie nocturne du programme a pu exister.
Il faut dire à part ce qui ne s’y trouve pas. Ce n’est pas un colloque sur le burn-out, avec conférences et tables rondes : au programme, de la musique, le stand de la fondation et la conversation avec celles et ceux qui le tiennent. Le reste tient au seul fait que vingt-cinq artistes ont accepté de jouer gratuitement.
Nous avons écrit précédemment comment la culture club cesse d’être une affaire de jeunes.









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