
Des premières mondiales qui n’existaient sur aucun disque : une violoniste ukrainienne sort son troisième album chez Naxos
Des enregistrements qui existent pour la première fois et des compositeurs que l’Occident n’a presque jamais joués. La moitié du programme parle de guerre — et pas seulement de celle d’aujourd’hui.
Solomiya Ivakhiv avec l’orchestre des Virtuoses de Lviv à la Philharmonie nationale de Lviv, 2014
La violoniste Solomiya Ivakhiv a sorti l’album Music of Resilience chez le label britannique Naxos. C’est son troisième disque pour ce label, et il est entièrement composé de premiers enregistrements mondiaux.
La sortie est confirmée par la page discographie du site personnel de la violoniste.
L’album est paru le 28 août. Ivakhiv y fait ce qu’elle avait fait sur ses deux disques Naxos précédents : donner une voix aux compositeurs ukrainiens, vivants comme presque oubliés chez eux.
Ce que signifie « premier enregistrement mondial »
C’est une mention qu’un label n’appose que si l’œuvre n’a jamais été enregistrée. Pour la musique ukrainienne, cela arrive plus souvent qu’on ne le voudrait : beaucoup de partitions sont restées des décennies sans la moindre version studio.
C’est précisément là-dessus qu’Ivakhiv bâtit sa série pour Naxos. Au lieu d’une lecture de plus de classiques connus, elle prend ce qui manque aux catalogues.
Une partie du programme répond aux guerres, et pas seulement à l’actuelle. Le reste, comme le dit l’album lui-même, célèbre l’identité propre de la musique classique ukrainienne et ses racines folkloriques.
« Sur son troisième album pour Naxos, la violoniste Solomiya Ivakhiv continue de donner une voix aux compositeurs ukrainiens vivants comme aux figures oubliées du riche patrimoine musical du pays », indique la présentation du disque.
Où cela ira ensuite
Naxos n’est pas un label de niche pour collectionneurs, mais l’un des plus grands catalogues classiques du monde, avec une distribution mondiale. Ces enregistrements iront dans les bibliothèques et le streaming de pays où la musique ukrainienne n’a jamais été entendue.
La présentation en concert est fixée au 19 septembre, dans la série Music at the Institute. Le programme s’intitule « Music of Resilience — Ukrainian Voices and Beyond ».
Ivakhiv est née à Lviv. Elle a joué avec l’orchestre des Virtuoses de Lviv comme sur les scènes américaines, et ses précédents disques Naxos étaient bâtis de la même façon autour de la musique ukrainienne.
Pour le catalogue, cela veut dire une chose simple : des partitions qui auraient pu rester du papier d’archive existent désormais comme son, accessible partout.
Nous avions raconté comment les classiques de la variété ukrainienne ont été confiés à trois générations d’interprètes — une autre façon de faire sonner à neuf de vieilles chansons.









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